Cumul des mandats ?

Autre question très très épineuse: la question du cumul des mandats…

Je viens de répondre le petit mot ci-après sur le blog de C. Ginisty mais en réfléchissant, il m’est venu quelques idées supplémentaires que certains trouveront sûrement très saugrenues…

Bonjour,
Je ne suis pas non plus favorable au cumul des mandats ni à la multiple répétition des mandats…Pourquoi un homme ou une femme serait-il plus compétent lorsqu’il a plusieurs mandats? (Surtout que, comme vous l’avez déjà souligné vous même , c’est quelquefois compliqué de n’en assumer qu’un lorsque l’on a une vie professionnelle et familiale à côté…).
Si nous voulons dynamiser notre vie politique, il faut donc accepter d’en multiplier les acteurs, que ces acteurs soient en phase avec leurs concitoyens et qu’ils travaillent ensemble, ce sera plus riche que d’en avoir quelques uns qui “monopolisent les fonctions” . Si l’on continue de “professionnaliser” la fonction de politique, on continue dans les mêmes erreurs qui conduisent à la sclérose de la vie politique. Par contre , je suis pour une rémunération des élus proportionnelle à leur charge de travail.
Il est vrai aussi que certains mandats sont plus exigeants que d’autres, d’où la nécessité pour un élu de pouvoir “retomber sur ses pattes” à la fin de son mandat. Il y a des pistes à creuser, des solutions à inventer. Mais il me semblerait utile de ne pas perdre de vue la petite phrase de VGE:
[La trajectoire d’un élu politique en France répond à deux lois simples : on se présente à une fonction pour préparer sa candidature à la fonction suivante ; lorsqu’on est élu à la fonction supérieure, on conserve la fonction antérieure de manière à éviter qu’un « intrigant » ne vienne reproduire à vos dépens le parcours que vous venez de réussir. D’où l’obsession de cumuler les mandats. VGE]
La question n’est pas simple, les solutions non plus… Peut-être faudrait-il s’inspirer de certains modèles européens où “ça semble fonctionner”?

Idées saugrenues m’étant venues après:

Pourquoi ne pas créer une sorte de “passeport à points pour élu”?

Tout citoyen recevrait à sa majorité ce passeport et pourrait par exemple disposer de 600 points pour ses fonctions électives. (Cela aurait aussi le mérite de laisser la possibilité à chacun d’imaginer qu’il puisse être un jour élu…)

A chaque fonction serait attribué un nombre de points par mandat:
exemples:
député national ou européen: 200 points par mandant
conseiller municipal d’une ville de moins de 100 000 habitants: 75 points
conseiller municipal d’une ville de moinsde 20 000 habitants: 50 points
conseiller régional: 80 points
maire d’une ville de plus de 100 000 habitants: 200 points
maire d’une ville de moins de 100 000 habitants: 100 points
Président de la République: 250 points
etc….

Bon bref, il y aurait une grille de “charge des fonctions” et chacun aurait droit au même nombre de points que les autres, libre à lui de les utiliser ou pas dans sa vie de citoyen.

Ensuite, il faudrait un système d’indemnisation correspondant aux fonctions, comme celà existe déjà, mais il est très certainement à revoir. Et aussi définir des règles précises dans la législation du travail, pour permettre aux personnes qui ont un mandat d’élu à temps partiel de poursuivre leur travail dans de bonnes conditions, ceux qui stoppent leur travail(mandat important) devraient pouvoir revenir dans la vie active au bout de 2 mandats consécutifs, facilement aussi …

Donc, à nous d’imaginer un système qui permette à la vie politique française de retrouver un peu de dynamisme…

2 Réponses vers “Cumul des mandats ?”

  1. La carrière politique devenue profession politique n’existe qu’en France. Je me souviens d’avoir écouté une émission sur ce problème pendant la dernière campagne législative. Les intervenants politiques ou journalistes étrangers étaient effarés de la possibilité de ce système de cumuls et de renouvellement illimités de mandats, tel qu’il existe en France. Que ce soit en Grande-Bretagne, au Canada ou en Suisse, pays démocratiques, ce système est inconcevable. Au bout de deux mandats, il y a automatiquement suspension de candidatures pour une mandature suivante. Cela permet la régénération du vivier des responsables politiques, cela évite toutes intrigues et surtout, cela permet l’émergence de nouvelles têtes et aussi cela limite l’acharnement à s’asseoir dans un mandat à vie. Le cumul n’est pas pensable aux yeux des citoyens anglais, car, pour eux, le temps manquerait à bien remplir la mission confiée par les élécteurs, même pour seulement deux mandats simultanés.
    En France, de ce système résulte un verrouillage entraînant une sclérose de la démocratie et une désaffection de la politique des électeurs écoeurés par les cumulards et les carriéristes.
    Le comble est en effet que le Parlement français ait voté récemment la protection et le maintien du cumul des mandats. Il n’y a pas un député pour racheter l’autre.
    Le comble aussi est qu’on a changé le langage courant pour la compensation financière de la mission d’un élu. Il ne s’agit plus d’”indemnités des élus” mais de “rémunération des élus”. Donc, ce n’est plus une indemnité compensatoire du temps passé au service de la Nation au détriment de leur activité professionnelle, c’est devenu, dans l’esprit des élus, un revenu sur un “travail” . Un “mandat” d’élu serait donc devenu un “métier”?
    L’idée de Sylvie d’aménager un “crédit à points pour élu” est bonne. Il limiterait les abus. Les difficultés du retour à la vie active est un faux problème, invoqué par beaucoup d’élus qui ne tiennent pas à abandonner leur fauteuil de velours. Tant qu’on ne limitera pas les renouvellements de mandats et leur cumul, les difficultés à réintégerer l’activité professionnelle d’un élu seront insolvables. Plus le temps passe, et moins on a envie d’ un retour professionnel.
    Pourquoi ne pas instituer un système de mise en disponibilité au service de la Nation, garantissant le retour dans l’entreprise pour le salarié ou dans l’établissement public pour le fonctionnaire, indemnisant les frais d’un remplaçant pour une activité libérale. Un seul mandat et un temps partiel aménagé pour l’activité professionnelle peuvent être compatibles. Tout devient compliqué quand il y a cumul.
    Dans le milieu politique,le domaine du raisonnable n’existe pas surtout quand l’ambition du pouvoir s’en mêle. Comment peut-on croire qu’un citoyen français élu pour 36 mandats puisse faire correctement son boulot de “missionné” pour des mandats cumulés de maire, député, conseiller général, président d’intercomunalité, et j’en passe! Une journée n’a que 24 heures pour tout le monde! à moins d’être une shiva! Tout ça n’est pas sérieux.
    Quand fera-t-on de la politique autrement?

  2. politikarts a dit :

    Bonjour Claire,
    Quand fera-t-on de la politique autrement? Déjà en ayant le courage de regarder les problèmes en face comme tu le fais. Ensuite, en ayant le courage de tirer les conséquences des limites actuelles de notre “système électoral” que personne en Europe ne nous envie…
    A bientôt
    Bonne journée
    Sylvie

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