Un bébé pour une autre…
“Le chemin de la vie”
2005, grès, émaux, feuille d’or
Ethique et modernité, notre époque nous amène à réfléchir sur des questions que nous étions loin d’imaginer, il n’y a ne serait-ce que trente ans.
Progrès technique et enjeux éthiques sont au coeur des nouvelles interrogations de notre temps…
Faire un bébé pour une autre?
Pendant longtemps, cette idée m’a dérangée mais plus j’y réfléchis, plus je me dis: pourquoi pas?
Lorsqu’une femme ne peut devenir mère après avoir “tout essayer”, lorsque l’on connait les difficultés pour adopter un enfant et souvent les conséquences d’une adoption sur la vie psychique de l’enfant, je me dis que finalement, demander les services d’une mère porteuse, ce pourrait être une solution.
Ce qui me gênerait c’est que le ventre de la mère porteuse soit loué, “marchandisant” ainsi le corps humain, l’idée pour une femme de “donner” à une autre me convient mieux.
Légiférer et revoir les textes de lois en ce domaine est devenu urgent. En effet, dans notre pays, nous sommes un peu les “rois de l’hypocrisie” et ce qui n’est pas autorisé en France l’est souvent dans d’autres pays, et cela entraîne une certaine forme de “tourisme” vers les pays autorisant les “mère-porteuses” . Voilà où nous conduit parfois notre réticence à vouloir analyser d’emblée le fond du problème. (On “traine” et ensuite, on se retrouve complètement décalés …)
En 1991, la Cour de cassation, par la voix de Henri Dontenwille a estimé que cette pratique “portait atteinte au principe d’indisponibilité du corps humain et de l’état des personnes”. “Il ne faut pas manipuler la filiation, sinon c’est l’anarchie”…
En 1994, la loi sur la bioéthique a interdit cette pratique en France.
Mais la maternité pour autrui est tolérée en Belgique et aux Pays-Bas, autorisée au Royaume-Uni, en Grèce, au Canada et aux Etats-Unis. Les futurs parents français se rendent donc ces pays pour résoudre leur problème, se confrontant à la naissance à l’aspect administratif car la France refuse de prendre en compte les actes de naissance étrangers qu’elle estime “falsifiés”…“La non-transcription des actes de naissance aurait des conséquences contraires à l’intérêt supérieur des enfants qui, au regard du droit français, se verraient privés d’actes d’état civil indiquant leur lien de filiation, y compris à l’égard de leur père biologique”, notaient alors les juges.
Il nous faut donc réfléchir de nouveau à ce sujet de société, et une commission sénatoriale a recommandé l’autorisation de la“gestation pour autrui” (GPA).
En effet, pourquoi na pas autoriser de manière très exceptionnelle (et dans un cadre “intelligent” qui reste à élaborer) cette pratique.
J’ai trois enfants, et je sais combien le désir d’enfant est important pour une femme, pour un homme, pour un couple. L’attente d’une grossesse qui ne vient jamais est souvent source de souffrance pour la vie, alors qu’il pourrait effectivement y avoir une solution “humaine” pour les couples en mal d’enfants.
Autant l’idée du clonage humain me fait peur, autant l’idée de “faire un bébé pour une autre” ne me dérange pas, à condition que ce soit un don, le don d’une maman à une autre qui le deviendra…

3 juillet 2008 à 11:00
Votre réflexion sur la GPA démontre à quel point l’idéologie du Modem baigne dans un humanisme dégoulinant de fausses bonnes intentions. Au lieu de proposer des solutions pour faciliter l’adoption en France, dont nous connaissons tous la longueur de sa procédure, vous préconisez quasiment son remplacement par la Gestation Pour Autrui. Comme si cette technique, qui divise la maternité par trois (mère génétique, gestatrice, mère d’intention), n’entraînait pas de conséquences psychiques sur l’enfant. Mais à en croire votre post, seul le “désir” d’enfant de la part de parents compte - ce qui n’est rien d’autre qu’un “droit à l’enfant”. C’est oublier un peu vite le brouillage de la filiation, l’importance du lien physiologique et affectif qui unit la mère à son enfant, l’incompréhension d’un enfant face à un abandon…
Sans omettre de parler de l’essentiel : l’instrumentalisation du corps de la femme.La marchandisation n’est pas toujours synonyme d’argent. Devant une telle légalisation, on ne peut s’abstenir de penser aux possibles pressions morales, affectives, professionnelles peut-être, exercées sur les futures gestatrices. Sans parler de l’exploitation des plus riches sur les pauvres, les couples pouvant s’offrir une GPA et ceux ne pouvant pas, les gestatrices s’obligeant à devenir mères porteuses pour gagner quelques sous. Et j’oublie d’évoquer les conséquences d’un tel acte sur la famille de la gestatrice : quid du mari, quid de son premier enfant ? Ont-ils leur mot à dire ? Quels impacts une grossesse pour le compte d’autrui peut avoir sur un jeune enfant ? (Le sénat souhaite que la gestatrice ait déjà eu un enfant).
Votre argument sur l’alignement de la France avec les autres pays européens ne tient pas. Ce n’est parce que l’évasion fiscale existe que la France doit s’aligner sur ses voisins. Ce n’est pas parce quelque chose est autorisé dans un autre pays que cela est moral ou juste. La France ferait mieux de montrer la voie en s’ouvrant à des techniques médicales et scientifiques respectueuses de la personne humaine.
3 juillet 2008 à 1:18
Bonjour Monsieur,
Vous dites: “Votre réflexion sur la GPA démontre à quel point l’idéologie du Modem baigne dans un humanisme dégoulinant de fausses bonnes intentions”
Au moins, vous annoncez la couleur, et je vous remercie de votre “jugement” constructif et “ouvert”, cela permet de mieux comprendre la suite de votre commentaire… De plus mes petites pensées ne sont que les miennes et elles ne constituent en aucun cas “l’idéologie du MoDem”…
Car justement au MoDem, nous souhaitons entamer le débat sur de nombreux sujets, y compris “tabous” , et je suis donc satisfaite que vous ayez répondu à cet article.
Sur l’adoption, vous dites: “vous préconisez quasiment son remplacement par la Gestation Pour Autrui”
C’est vous qui faites ce raccourci… Bien entendu il ne s’agit pas de “remplacer l’adoption par la GPA mais ne nions pas non plus les conséquences d’une adoption sur le psychisme de l’enfant… L’enfant adopté n’est-il pas lui aussi “partagé”?
A notre époque, malheureusement, nombreuses sont les occasions pour beaucoup d’enfants de vivre des “éclatements familiaux”(divorces, séparations…), la GPA aurait-elle des conséquences plus graves que certaines situations familiales, permettez-moi d’en douter…
Il existe des enfants qui se construisent tout à fait bien dans des conditions à priori difficiles, il en existe d’autres qui sont en souffrance dans des conditions à priori favorables.
Vous dites encore: “seul le “désir” d’enfant de la part de parents compte“…
Au départ, ne nous voilons pas la face, c’est bien le désir d’enfant et de fonder une famille, “par voie naturelle”, par voie d’adoption et aussi par d’autres voies, en ayant recours par exemple à la GPA dans d’autres pays européens, qui guide les parents…
Sur votre paragraphe suivant: cela soulève effectivement de sérieux problèmes éthiques, je vous l’accorde, mais est-ce en ne faisant rien que nous “limiterons les dégâts”. Personnellement, je suis pour que cette pratique soit encadrée intelligemment: mon petit point de vue serait de l’autoriser de façon très très exceptionnelle et que la mère porteuse ait déjà des enfants (j’insiste sur le pluriel) et qu’il n’y ait aucune rémunération pour cet acte, ce n’est que ma position, pas celle du Sénat, ni du MoDem
En France, nos lois évoluent bien moins vite que nos mentalités (exemple de l’homoparentalité, de la transexualité), et nous nous retrouvons dans des situations où les personnes n’ont même plus d’ “existence juridique”, alors… est-ce mieux de “nier” et de ne rien faire plutôt que d’essayer de comprendre les enjeux de certains faits de société et d’en poser un cadre INTELLIGENT et le plus respectueux possible pour l’humain?
Vous dites également: “Ce n’est pas parce quelque chose est autorisé dans un autre pays que cela est moral ou juste”
Qu’est-ce que quelque chose de “moral et juste”? Où s’arrête et où commence la norme? Où s’arrête ou commence la liberté?
Et quand vous concluez par“La France ferait mieux de montrer la voie en s’ouvrant à des techniques médicales et scientifiques respectueuses de la personne humaine.”
Je me dis: règlementer des pratiques est-ce incompatible avec le soucis de la personne humaine , je ne le pense pas , je suis au contraire convaincue qu’il faut essayer de comprendre notre époque, d’y trouver des repères et ces repères passent aussi par l’acceptation de pratiques et la législation qui permette de les encadrer de façon la plus humaine possible.
Bien cordialement
Sylvie Tiger
3 juillet 2008 à 3:24
Que voulez-vous, j’aime que les choses soient claires dès le départ. Si le Modem n’a pas encore émis de position officielle à ce sujet, vous devez certainement faire partie de ses cadres. J’estime donc que vous représentez, pour l’heure, la voix du Modem. Je vous prête peut-être beaucoup de responsabilités que vous n’endossez pas, mais faute de mieux… Mais ne nous attardons pas sur des préalables bien inutiles.
Pour remédier à des situations difficiles, que sont les “éclatements familiaux” ou les conséquences de l’adoption sur le psychisme de l’enfant, vous (mais pas que vous) préconisez ainsi une solution équivalente en perte de repères et en source certaine de problèmes psychologiques et psychiques. Ce n’est même pas la théorie du moindre mal, mais celle du mal équivalent. Je doute du caractère constructif de cette proposition.
Ne confondons pas le désir d’enfant qui s’ouvre à deux acceptions : celle de mettre au monde un enfant pour lui même et celle de le mettre au monde pour satisfaire son propre intérêt. Le risque est grand, en autorisant la GPA, que s’ouvre en France un droit à l’enfant. C’est à dire que les pouvoirs publics mettent tout en œuvre, et même soient dans l’obligation de le faire, pour satisfaire un couple ne pouvant avoir d’enfant. Les moyens prendront le dessus sur la fin.
Sur le fait d’ériger une loi pour limiter les dégâts, vous me permettrez d’émettre un sérieux doute, prouvé par le cas d’école qu’est la loi Veil. Cette dernière votait pour mettre fin aux IVG clandestines n’a ps eu l’effet escompté : celui de limiter l’avortement. Au contraire, la France n’en a jamais connu autant. A chaque fois qu’une exception est greffée à un interdit, l’histoire prouve que l’exception est devenue la règle.
Votre conception de la loi est bien opportuniste. La norme est-elle là pour suivre les mentalités et adapter le droit aux moeurs du temps, ou existe-t-elle pour poser un cadre assurant le bien commun de la société et ainsi éviter des évolutions - peut-être présentes dans la société - qui peuvent conduire à fissurer la société ? Là encore, il ne suffit pas de regarder très loin en arrière dans l’histoire : la majorité des Français était favorable à la peine de mort en 1981 et ne parlons pas de l’esclavage.
S’agissant de l’existence juridique d’enfants nés à l’étranger grâce à la GPA, leur statut est assuré puisque le père est le géniteur. Mais il ne suffit pas d’aller trouver refuge à l’étranger pour importer des pratiques illégales. Les couples doivent assumer leur erreur qui st de commettre un acte illégal dans leur pays. Si à chaque violation du droit français à l’étranger il fallait changer la règle…
Ce qui est moral et juste, ce n’est certainement pas la loi de la majorité, que vous souhaitez appliquer en ordonnant notre droit aux moeurs de la société. Ce qui est moral et juste, c’est ce qui respecte la dignité de la personne humaine, le droit de connaître ses parents, de voir l’inviolabilité et l’indisponibilité du corps maintenu. Ce qui est moral et juste, c’est ce qui précède l’Homme, ce qui est inscrit dans la nature de l’Homme depuis sa création.
Règlementer la pratique des mères porteuses est en l’occurence incompatible avec le respect dû au corps de la femme. Les partisans de la GPA ne donnent à voir que des leurres : l’amour, l’altruisme et l’acte de don ont bon dos. Par leur biais, la France s’apprête à violer un principe, rappelé dans les lois de Nuremberg : le coprs humain est inviolable, indisponible. Et je me répète : la marchandisation n’est pas qu’une affaire d’argent, mais de mentalité.
Tout ceci étant dit, libre à vous de croire que mon jugement n’est ni constructif ni ouvert. Le temps n’est plus au consensus mou. J’estime, et c’est personnel, que votre parti a trahi l’esprit de la démocratie-chrétienne.
Cordialement,
3 juillet 2008 à 4:10
Re bonjour,
Pour ce qui est de ma place au MoDem, je fais simplement partie des 180 conseillers nationaux, représentant les adhérents… Pour information, nous sommes huit pour la Région Midi-Pyrénées…
Et je vous le répète, ma prise de position n’engage que moi…Je suis sur mon blog personnel, pas sur le site officiel du MoDem…
Nous vivons une époque qui nous confronte à nous même, c’est vrai ce n’est pas simple de se repérer dans cette multitude de paramètres.
Mais j’aimerais revenir sur votre mot sur l’avortement et au sujet de la loi Veil: “Cette dernière votait pour mettre fin aux IVG clandestines n’a ps eu l’effet escompté : celui de limiter l’avortement”
Je crois qu’il y a peut-être un petit malentendu: en tout cas en tant que femme, je me dis que vous avez dû oublier une partie de l’enjeu: le droit des femmes et de la liberté pour les femmes de disposer de leur corps…
Sinon, pour vous détendre: un ami dessinateur humoristique, Jelex de son pseudo, m’a fait fait un dessin très amusant à ce sujet: le GPS pour GPA!
Je vous invite à revisiter prochainement mon site dans les prochains jours, une page “humour MoDem par Jelex” (dans la colonne de droite) sera mise en ligne et vous pourrez aussi constater qu’au MoDem, nous avons aussi de l’humour et des talents artistiques…
Bonne journée
Sylvie Tiger
3 juillet 2008 à 4:20
Je ne doute pas de l’humour du Modem ni de ses talents artistiques. Mais permettez-moi de rebondir sur la question de l’avortement, sans entrer dans les détails, auquel cas nous risquons d’y passer la jour et même plus. L’article premier de la loi Veil rappelle que le principe selon lequel toute vie humaine est sacrée. Cette loi n’est donc qu’une exception à ce principe et une dépénalisation de l’IVG, non de sa légalisation. L’avortement n’est donc plus pénalement sanctionné, mais il n’en est pas pour autant un droit. S’agissant de la liberté pour les femmes de disposer de leur corps, cela n’est pas le cas lorsque la vie d’un être humain est en jeu. Et, je vous prie par avance, ne me parlez pas d’amas de cellules ou de toutes ces filouteries verbales. Dès le premier jour, l’embryon est un être humain à protéger. Il ne peut en être autrement.
Mais enfin, j’arrête là, sinon on risque de s’éloigner de notre GPA.
Cordialement
3 juillet 2008 à 4:25
Rassurez-vous, vous aurez bientôt le GPS !
Cordialement également
4 juillet 2008 à 7:54
Votre division par trois, Antoine, a de si terribles conséquences psychiques que toutes les sociétés avunculaires n’ont produit que des fous… c’est bien connu, qui d’ailleurs ne font que taper sur des tamtam toute la journée…
surtout lorsque la division comporte une virgule celle du droit qu’il vous plait de plier à votre argument; le droit français ne reconnait pas dès le premier jour à l’embryon le statut d’être humain à protéger ni la science et l’avortement serait bien sûr pénalement sanctionné s’il était fait en dépit des textes ie si l’acte est pratiqué après la douzième semaine de grossesse sur le territoire.
Il semble qu’en matière de filouterie verbale votre rhétorique ne soit pas en reste.
Bonjour, chez vous.
4 juillet 2008 à 9:16
La France n’est pas une société avunculaire. N’essayez pas de transposer un système que n’existe pas, et qui de surcroît n’a jamais été mis en pratique, en Occident. Un enfant qui aurait trois réfèrences maternelles et deux paternelles ne peut qu’être troublé ou du moins désorienté au sein de notre société. Mais après tout, libre à vous d’essayer d’importer une telle pratique. Elle pourrait venir se greffer au tentative d’importation de la polygamie.
Sur le droit, merci de m’indiquer où est mon erreur ? Allez lire la loi Veil et son article premier. Bien entendu, ces quelques lignes n’affirment pas explicitement que “l’embryon humain existe dès le premier jour”, mais je crois qu’il est tout de même assez clair : “La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie”. Mais pourquoi prouver une évidence ? S’agissant de la science, les avis sont contradictoires et ne dépendent en fait que de convictions personnelles. Mais vous qui semblez si bien informé, j’attends que vous établissiez la preuve qu’un embryon n’est pas un être vivant et humain. Dans le même temps, si vous avez quelques notions juridiques, vous devez savoir que notre droit fait la distinction entre les biens et les personnes. Où classe-t-on notre embryon ? Mais j’oubliais, c’est au 84e jour que, d’un coup, notre embryon, jusque-là inexistant, s’octroye un statut d’égal à l’Homme. Enfin, même pas vraiment puisqu’une Interruption Médicale de Grossesse peut être pratiquée jusqu’au dernier jour sans que personne ne s’en inquiète. J’attends de vos nouvelles pour pouvoir admirer vos arguments en faveur de l’inhumanité de l’embryon.
Cordialement
4 juillet 2008 à 9:44
Bonjour Messieurs,
Pour en revenir au 3 et au partage !
Je rejoins M. Chinasky et je crois qu’il n’y a peut-être pas péril en la demeure, car en effet, il existe des modèles de société dans lesquels les enfants sont confiés à un tiers, un oncle ou une tante par exemple, et cela ne les “détruit” pas pour autant, c’est vrai.
Nos moeurs évoluent, dans certains domaines nous gagnons en liberté, et c’est cette nouvelle liberté qu’il convient d’ “encadrer” avec un cadre juridique qui demeure respectueux de la personne humaine mais qui prend en compte l’ensemble de ces nouveaux enjeux.
Sinon, pour la détente: ça y est, Jelex m’a fait parvenir ses dessins, j’ai mis en ligne le premier dessin qui traite de notre problème:
Le GPS pour GPA : http://politikarts.wordpress.com/humour-modem-par-jelex/
4 juillet 2008 à 9:53
Etrange, vous qui parliez hier du malheur causé par les éclatements familiaux multiples, voici que vous ne vous opposez pas à la mise en place d’un système (avunculaire) basé sur ce principe… Sommes-nous condamnés à faire du copier-coller de ce qui se passe dans les autres pays ou cultures sans s’interroger sur les conséquences au sein de notre culture, qui ne date pas d’hier, et sur les fondemantaux moraux de telles pratiques. A quand alors l’ouverture de la grossesse aux transexuels (voir exemple récent aux USA), la polygamie, l’élimination des filles dans le ventre de leur mère en Chine…
Afin, le respect de la personne humaine doit être absolu, il ne peut connaître aucune exception, sauf à remettre en cause l’Homme et les droits qui le précède depuis son origine.
4 juillet 2008 à 11:57
Vous faites me semble-t-il l’amalgame entre divers sujets.
Pour ma part, je pense que la solution du “tout blanc” OU du “tout noir” n’est plus adaptée à notre temps, et quelle n’apportera pas moins de souffrance dans cette époque “qui s’emballe”.
Et c’est pour cela qu’il est important de réfléchir en profondeur en prenant en compte les paramètres actuels, pas en mélangeant tous les problèmes qui ont des divers degrés et qui nécessitent chacun une attention particulière.
4 juillet 2008 à 2:13
Demandez-vous pourquoi cette époque “s’emballe” ? Les hommes n’ont-ils pas, au cours du XXe siècle, remis en cause un trop grand nombre d’interdits, de principes vitaux pour la survie de l’humanité ? Je le pense et, malheureusement, nous en payons aujourd’hui le prix fort : celui du relativisme éthique qui estime que 200 000 avortements par an n’est pas un problème en soi; qui établit (avec la complicité des démocraties perverties de leur sens originelle) l’instrumentalisation de l’être humain, de l’embryon au ventre de la femme, et l’élimination des plus faibles (les personnes handicapées dans le ventre de la mère et les personnes âgées en fin de vie).
J’espère de tout coeur que le Modem ne s’engouffrera pas dans cette brêche dangereuse, et qu’il saura renouer avec les principes éthiques, moraux et philosophiques qui ont fondé le centre et la démocratie-chrétienne au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
Et je le répète, en matière de respect de la vie humaine, de la personne humaine, il ne peut y avoir d’exceptions. Tout est blanc ou tout deviendra noir…
Cdlt
4 juillet 2008 à 4:31
Si tant est que le “tout blanc” ait déjà existé dans l’histoire de l’humanité…
Cordialement également
4 juillet 2008 à 4:47
L’histoire n’est pas terminée…
5 juillet 2008 à 5:04
Salut,
il ne s’agit pas d’importer quoi que se soit mais de faire entendre qu’un système différent ne produit pas les conséquences psychiques que vous semblez croire. Merci de ne pas déformer mon propos.
Les parents ne sont pas forcément les géniteurs voilà tout. Ce n’est que de l’anthropologie. Rien n’assure que les géniteurs soient de meilleurs parents.
Si la psychologie dit l’importance pour la construction psychique d’un enfant de pouvoir se référer à un père et une mère, du masculin et du féminin, ce n’est pas pour autant de géniteurs qu’elle parle, non plus. La psychanalyse quant à elle décrit le phénomène de pères et mères symboliques (le prof, la maitresse, l’oncle, l’ami de la famille, le prêtre, l’homme ou la femme politique fréquenté, le mentor etc) qui ont aussi leur importance.
Bien avant les familles dites recomposées de notre étrange contemporain, la guerre 14 qui emporta plus d’un homme, produisit de nombreuses veuves et leurs enfants devenus pupilles de la nation. Certaines élevèrent seules leurs enfants, d’autres se sont remariée, ou bien vivait maritalement.
Voyez qu’en dehors de l’anthropologie, la sociologie donne aussi quelques exemples proches.
Quant au droit c’est précisément à la douzième semaine qu’il considère (sous l’influence de la science et non de l’église) le statut de personne.
Il ne m’incombe pas d’établir une preuve: dura lex sed lex, point barre.
Le droit protège la vie la mère (Section II du Titre II de la loi Veil) lorsque l’église lui préférait l’enfant. (des maris ont été excommuniés pour avoir demander au médecin de sauver leur épouse plutôt que l’enfant à naître)
Précision faite aux vues de vos souhaits exprimés ci-dessus.
Si notre interprétation diffère quelque peu ou plus exactement si nous n’appartenons pas à la même famille politique, culturelle ou cultuelle, que nos voeux ne sont pas les mêmes, je vous rejoins sur le constat douloureux, si je puis me permettre de le qualifier, que vous exprimez.
Les dérives qui suivront la mise en place de la GPA ressembleront à cette inique consommation contemporaine que certaines personnes font de l’IVG.
Je ne saurai dire moi même si la voie que vous prônez est LA solution. M’est avis qu’elle n’est pas la seule. Je ne prétendrais pas pour autant qu’elle n’en est pas une.
-Un vaste programme de déshumanisation a eu lieu. Ses transpirations sont nombreuses et létales. La fin de l’homme ou sa mutation me parait inéluctable. Je ne dis pas souhaitable. Mais on a jamais vu de civilisation qui fonctionne à rebours. Ou l’on se transforme ou l’on disparait. C’est encore un constat anthropologique, pas un voeu.-
Je préfère que l’on cherche à “encadrer” le présent, espérant que le législateur ne tombe pas dans quelque chausse-trappe plutôt que de se prétendre quitte du réel. Peut-être ainsi la mutation subie se fera transformation accompagnée et de facto moins douloureuse.
Je ne nie pas que je puisse me tromper.
Ciao
7 juillet 2008 à 1:07
Je crois qu’il faut s’entendre sur l’origine des troubles psychiques que la GPA entraînerait. Le problème vient moins de la dissociation entre parents intentionnels et géniteurs, que de l’acte d’abandon. Comme dans le cas de l’adoption, la GPA conduit à un abandon de l’enfant. Abandon d’autant plus grave et troublant qu’il est programmé, délibéré et justifié. Nous sommes à quel point les enfants adoptés restent marqués par cet acte. A un âge ou à un autre, se pose un jour la question du pourquoi de cet abandon. S’en suis parfois une recherche des géniteurs. Dans le cas de la GPA, comment ne pas imaginer qu’un enfant puisse être perturbé par cet abandon volontaire de la mère porteuse ? Que cette dernière soit présente ou non auprès des parents intentionnels par la suite, l’enfant sera toujours divisé par une dualité intenable : qui est ma mère ? Et cette dualité peut se complexifier si une troisième femme intervient (la mère génétique). On ne peut nier les liens qui unissent la génitrice à l’enfant, l’enfant à sa mère génétique mais également l’enfant éduqué par une mère intentionnelle. Les parents intentionnels ne sont pas mis en cause ici, mais cette pratique de la GPA posent de nombreuses questions de fragilité et d’équilibre chez l’enfant : qui est ma mère ? Les dégâts des familles recomposées sont assez difficiles à gérer pour ne pas en rajouter.
S’agissant du statut de l’embryon, permettez-moi de rectifier sérieusement votre argumentation. C’est la loi, et en aucun cas la science et l’Eglise qui ont fixé le délai légal d’avortement. Les dix semaines, puis les douze semaines ne sont le fruit que d’un consensus parlementaire. A aucun moment il n’existe de différences dans l’évolution de l’embryon pour dire que celui-ci est inhumain avant la 12e semaine et humain ensuite. D’ailleurs, l’ajout de deux semaines au délai montre bien qu’aucune réfèrence scientifique n’a été employée pour justifier ce délai inique. Qu’est ce que l’embryon dès sa conception si ce n’est un être humain ? La loi n’a aucun droit pour fixer le début et la fin de la vie. Ce qui est légal n’est pas forcèment moral. Ou alors que l’on prouve l’inhumanité de l’embryon avant 12 semaines de gestation.
Ensuite, après la 12e semaine, l’embryon n’a toujours aucun statut, pas plus celui de personne qu’autre chose. Il est considéré comme une personne, au sens juridique comme philosophique du terme, qu’à sa naissance, pas avant. L’enfant est-il inexistant à J-1 avant l’accouchement ? Quelle différence existe-t-il à 24h d’écart ? Quelle hypocrisie ! De sa conception à sa mort, l’embryon est une seule et même personne. Atteindre à sa dignité dès ses premiers jours, c’est atteindre à la dignité d’une personne humaine. Là est la réalité des choses. Devant un tel mystère, celui de l’apparition de la vie, l’Homme devrait agir avec une grande précaution, de crainte de s’exposer à de terribles conséquences malheureusement déjà trop avancée (200 000 IVG/an en France).
Enfin, l’article 1 de la loi Veil protège la vie dans son ensemble, il ne fait pas la distinction entre la mère et l’enfant. Il n’y a pas de supériorité d’une vie sur une autre. La dignité des hommes est identique. Par contre, l’exception que pose la loi est une cassure dans ce rapport d’égale dignité. Et, contrairement à ce que vous prétendez, l’Eglise ne préfère pas la vie d’un enfant à celle de la mère. Elle veut que ces deux vies soient protégées, car de même valeur et de même dignité. Enfreindre cette égale dignité, c’est créer une hiérarchie chez les êtres humains. Nous avons vus par le passé les conséquences d’une telle idéologie. Je le répète, si l’embryon humain n’est pas un être humain, qu’est-il alors ? Prouvez-moi son inhumanité. D’ailleurs, je laisse à votre réflexion la différence qui existe entre les délais d’avortement d’un pays à l’autre : 12 en France, 24 en Grande-Bretagne. Entre 12 et 24 semaines, l’embryon est humain en France et pas outre-manche…
Cdlt,
18 décembre 2009 à 11:36
Dépoussiérer nos anciennes loi Napoléonienne et celles du Vatican , en autorisant les mères porteuses en légalisant meme pour les célibataires, cela ne veux pas dire le nom respect de l’être humain. Le fondement d’une famille se fait dans l’amour et le partage et nos hommes politique le pense en problème de marchandage, alors que l’on autorise dons du sang, don d’organe et j’en passe. De toute façon i y a des enfants en France qui sont issus de mères porteuses et qui ne porte aucunes séquelles psychologique.Il faut espérer à une évolution dans le respect.