Cumul des mandats ou comment la vie politique française se meurt

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Aujourd’hui, ce sera une petite publicité pour le journal “Capital”  qui s’intéresse ce mois-ci au cumul des mandats, “fléau” français qui nous mène à l’insipidité de notre vie politique nationale (et locale…), donnant naissance aux déserteurs de l’Assemblée, aux petits barons locaux (et quels que soient les partis) qui oublient le sens commun et préfèrent s’occuper de leurs petits oignons personnels!

Non, je n’ai pas envie de mâcher mes mots.  Pourquoi certain(e)s confisqueraient-ils le droit à tout citoyen de participer à la vie politique de son département, de sa région, de son pays?
J’aimerais qu’il y ait enfin des personnalités politiques qui osent s’attaquer à ce problème, et que ce soit Copé ou un autre m’importe peu, du moment que le mur  du cumul, sujet tabou par excellence, tombe et qu’un équilibre politique est de nouveau retrouvé. Et que l’on ne me dise pas qu’en cumulant on a “plus de poids,  plus d’expérience!”. Aucun européen ne nous envie notre système électoral et pour cause!
Les électeurs désertent les urnes, en particulier pour certaines élections… Ils ne croient plus vraiment au pouvoir politique, pourquoi?
Des solutions sont possibles pour peu que l’on ose remettre en question ce fameux cumul.

J’avais déjà écrit un petit article à ce sujet, je rappelle mes petites propositions sans prétention:

Pourquoi un homme ou une femme serait-il plus compétent lorsqu’il a plusieurs mandats? (Surtout que c’est quelquefois compliqué de n’en assumer qu’un lorsque l’on a une vie professionnelle et familiale à côté…).
Si nous voulons dynamiser notre vie politique, il faut donc accepter d’en multiplier les acteurs, que ces acteurs soient en phase avec leurs concitoyens et qu’ils travaillent ensemble, ce sera plus riche que d’en avoir quelques uns qui “monopolisent les fonctions” . Si l’on continue de “professionnaliser” la fonction de politique, on continue dans les mêmes erreurs qui conduisent à la sclérose de la vie politique. Par contre , je suis pour une rémunération des élus proportionnelle à leur charge de travail.
Il est vrai aussi que certains mandats sont plus exigeants que d’autres, d’où la nécessité pour un élu de pouvoir “retomber sur ses pattes” à la fin de son mandat. Il y a des pistes à creuser, des solutions à inventer. Mais il me semblerait utile de ne pas perdre de vue la petite phrase de VGE:
[La trajectoire d’un élu politique en France répond à deux lois simples : on se présente à une fonction pour préparer sa candidature à la fonction suivante ; lorsqu’on est élu à la fonction supérieure, on conserve la fonction antérieure de manière à éviter qu’un « intrigant » ne vienne reproduire à vos dépens le parcours que vous venez de réussir. D’où l’obsession de cumuler les mandats. VGE]
La question n’est pas simple, les solutions non plus… Peut-être faudrait-il s’inspirer de certains modèles européens où “ça semble fonctionner”?

Pourquoi ne pas créer une sorte de “passeport à points pour élu”?

Tout citoyen recevrait à sa majorité ce passeport et pourrait par exemple disposer de 600 points  (par exemple) pour ses fonctions électives. (Cela aurait aussi le mérite de laisser la possibilité à chacun d’imaginer qu’il puisse être un jour élu…)

A chaque fonction serait attribué un nombre de points par mandat:
exemples:
député national ou européen: 200 points par mandant
conseiller municipal d’une ville de moins de 100 000 habitants: 75 points
conseiller municipal d’une ville de moinsde 20 000 habitants: 50 points
conseiller régional: 80 points
maire d’une ville de plus de 100 000 habitants: 200 points
maire d’une ville de moins de 100 000 habitants: 100 points
Président de la République: 250 points
etc….

Bon bref, il y aurait une grille de “charge des fonctions” et chacun aurait droit au même nombre de points que les autres, libre à lui de les utiliser ou pas dans sa vie de citoyen.

Ensuite, il faudrait un système d’indemnisation correspondant aux fonctions, comme cela existe déjà, mais il est très certainement à revoir. Et aussi définir des règles précises dans la législation du travail, pour permettre aux personnes qui ont un mandat d’élu à temps partiel de poursuivre leur travail dans de bonnes conditions, ceux qui stoppent leur travail(mandat important) devraient pouvoir revenir dans la vie active au bout de 2 mandats consécutifs, facilement aussi …

Donc, à nous d’imaginer un système qui permette à la vie politique française de retrouver un peu de dynamisme…

Je rajoute maintenant: pour diminuer l’absentéïsme à l’Assemblée, les députés ne devraient pas avoir la possibilité de “voter systématiquement par groupe”, cela aurait le mérite de réintroduire du débat démocrate au sein de l’hémicycle même si cette voie est moins facile, nécessitant plus de temps et de présence bien sûr. Mais au moins les députés feraient le travail pour lequel ils ont été élus…

Pour info:

The Economist vient de publier une étude sur le degré de démocratie des pays.
La France n’arrive qu’au 24 ° rang!

Pour consulter l’étude de The Economist (en anglais), c’est là:
http://a330.g.akamai.net/7/330/25828/20081021195552/graphics.eiu.com/PDF/Democracy%20Index%202008.pdf

Pour lire une analyse de l’étude Frédéric NL, (en français) c’est là:
“La démocratie, c’est plus que le vote et le droit de se plaindre”
http://www.francedemocrate.info/spip.php?article677

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